En Allemagne, la discussion publique concernant l’écoute des citoyens s’est rendormie. Le gouvernement en est très content. Pour lui, les grèves, les poussées d’inflation, la stagnation économique sont des événements bienvenus qui détournent l’attention. Mais derrière les coulisses on continue de mettre le paquet à œuvrer pour l’installation d’un centre d’écoute d’après l’exemple des USA. Le ministre de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, est l’instigateur de ces efforts.
• La National Security Agency (NSA) américaine passe pour être le plus grand service de renseignements du monde. Cette administration énorme est une sorte de centrale technique de tous les services secrets américains et elle a le devoir de surveiller la télécommunication à l’échelle mondiale et d’en filtrer les informations exploitables pour le service de renseignement. La situation de départ en Allemagne est tout à fait différente: Il n’y a encore rien de comparable à la NSA américaine: Les services de sécurité comme le Bundeskriminalamt (direction générale de la police judiciaire), l’administration fédérale pour le Verfassungsschutz (direction pour la sécurité du territoire), la police fédérale et le Bundesnachrichtendienst (service de renseignements fédéral), ont chacun leur propre service d’écoute…
• Les Länder maintiennent également leurs propres postes d’écoute. Le ministre de l’intérieur, Wolfgang Schäuble, s’est donc fixé l’objectif d’harmoniser ce paysage hétéroclite de la surveillance de télécommunication. Jusqu’à présent on en a parlé publiquement, la nouvelle centrale d’écoute planifiée devait être installée comme une sorte de parc commun d’appareils des services de sécurité sous le toit du Bundesverwaltungsamt à Cologne et pas du tout devenir un service secret indépendant. Dans un papier interne du ministère on lit cependant autre chose. «La centrale d’écoute de Cologne pourrait former le noyau d’une nouvelle autorité.» Des modèles pourraient être «la NSA américaine ou le Government Communications Headquarters britannique»…
• Les projets allemands sont très étendus. Ce ne sont pas seulement la police et le service secret intérieur qui devront collaborer à Cologne, mais aussi la Fernmeldeaufklärung (renseignements de télécommunication) du Bundesnachrichtendienst qui pourraient également être, d’après les intentions du ministère de l’intérieur, intégrés dans la nouvelle autorité de l’écoute. Il s’agit de relier «la surveillance de télécommunication intérieure avec la surveillance de télécommunication internationale», c’est ce qu’on peut lire dans ce papier. «Si ces détails deviennent publics, la scène politique en Allemagne se ranimera» dit avec malice un agent de services secrets …
Source: Vertraulicher Schweizer Brief No. 1186 du 7/8/2008
Ce qui est valable pour l’intérieur l’est aussi pour l’extérieur. Celui qui veut espionner les citoyens à l’intérieur le fait aussi pour les communications postale, téléphonique, par télécopies et par courriels à travers les frontières. Les conversations téléphoniques vers l’Allemagne devraient être considérées en principe comme écoutées ou enregistrées.
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